Samuel Seror est né le 20 octobre 1863 à Alger. Issu d’une grande famille algéroise d’origine espagnole, souche de nombreux rabbins et grands rabbins d’Alger depuis le XVIe siècle, il était l’un des trois enfants de Judas Seror, peintre, et de Messaouda Adda. Sa mère mourut alors qu’il n’avait que dix ans et les trois orphelins furent élevés à Alger par l’une de leurs tantes, épouse Seban. Samuel pratiquait le français, l’hébreu, l’arabe et le judéo-arabe. Il suivit le cours de Talmud du rabbin Moïse Dadoun à la yechiva Ets Haïm d'Alger où il obtint avant 1893 le titre de rabbin ainsi qu’un diplôme de chohet.
Se sachant d’un tempérament nerveux et impatient, il se tint à l’écart de l’enseignement, même avec ses propres enfants ou petits-enfants, exception faite pour son fils Moïse. Néanmoins, il se rendait régulièrement à la yechivah pour participer avec les enseignants à des séances de commentaires talmudiques et de discussions sur la halakhah et il s’intéressait à la formation des élèves rabbins : il les conviait par exemple à faire le tour des synagogues algéroises le samedi pour y observer les diverses coutumes et à assister aux audiences du tribunal rabbinique. En 1896, il fut nommé président du Bet Din d’Alger où il siégeait en compagnie de Juda Loufrani et d’Eliézer Chiche ou d’Isaac Hanoune, et où il était examinateur pour le diplôme de chohet. Il fut nommé rabbin de la synagogue Ben Nehoray de la rue Médée à Alger avant 1900. Il assura l’intérim du grand rabbinat d’Alger de 1907 à 1911, entre le départ d’Abraham Bloch et la nomination d’Isaac Hanoune comme grand rabbin d’Alger. En 1925, il fut nommé au conseil d’administration de l’école Ets Haïm.
Ses journées étaient rythmées par son ministère à la synagogue, ses visites à la yechiva, les séances du Bet Din et de longues heures de travail dans sa bibliothèque personnelle pour y approfondir sa connaissance du Talmud et de la halakhah. Il entretint une correspondance active avec les rabbins du pourtour méditerranéen et devint une autorité pour les problèmes soulevés par le get et le lévirat, discutant avec le grand rabbin du consistoire central Zadoc Kahn de la législation ashkénaze sur le sujet. Malgré sa nervosité, il resta impavide en face de la violence qui allait jusqu’à des attaques physiques.
Il épousa le 10 juillet 1883 Elise Yamina Layani, fille du rabbin Mardoché Layani. Ils eurent six enfants dont un seul fils. En 1898, année de troubles liés à l’affaire Dreyfus à Alger, sa femme, cardiaque, mourut enceinte de leur septième enfant. Elle fut enterrée avec tous les honneurs communautaires en plein climat de violences antisémites. Comme le voulait la coutume, Samuel Seror se remaria rapidement, le 20 février 1900, avec Camille Stora dont il eut encore deux enfants.
Très rigoureux pour lui-même en matière religieuse et dans l’exercice de son ministère, mais attaché avant tout à l’unité familiale, tolérant avec ses enfants et ouvert à la culture générale, il laissa son fils Léon étudier au lycée et poursuivre des études profanes de latin et de grec. Agrégé de philosophie, combattant de la Grande Guerre, Léon quitta définitivement l’Algérie pour la France en 1928 en conservant les meilleures relations avec son père, qui lui écrivait des lettres moitié en français et moitié en hébreu pour l’empêcher d’oublier cette langue. Ses filles épousèrent des juifs traditionalistes, en particulier Rachel, dont le mari fut le délégué rabbinique et sacrificateur Jacob Choukron.
Il décéda le 10 juillet 1937 à 8h en son domicile au 9 boulevard Guillemin, à Alger et fut inhumé le lendemain .

Texte de Monique Lévy avec le concours de Stéphane Molko, arrière petit-fils de Samuel Seror.
reproduit avec leur autorisation

 


Samuel SEROR

Décédé le 10 juillet 1937  / 02 Av 5697 à l'âge de 73 ans
Inhumé le 11 juillet 1937, carré 20. rangée 1
     
     



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